Le débat sur les débats enfle au PS



Ségolène Royal

Elle n'accepté qu'à contrecoeur les six débats programmés par le PS.PARIS, 16 octobre (AP) - Ségolène Royal participera bien au premier débat entre candidats à l'investiture PS qui se déroulera mardi à 20h45. Mais sa petite phrase, la semaine dernière menaçant de boycotter une partie des débats internes au Parti socialiste a fait bondir ses concurrents, ravis de cette occasion de mettre en difficulté la favorite des sondages à gauche. La tension est encore montée d'un cran au PS à quelques jours du premier des six débats prévus entre Mme Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, les trois candidats à la candidature. Et c'est Ségolène Royal elle-même qui a mis le feu aux poudres en déclarant depuis l'île de la Réunion, où elle était en déplacement, qu'elle se "réservait le droit" de ne pas participer aux débats internes s'ils sont "détournés de leur véritable destination". Fidèle à sa stratégie, pour l'instant gagnante, Ségolène Royal continue à jouer sur le soutien de l'opinion publique pour remporter le vote du 16 novembre. "Les socialistes ne doivent pas se regarder le nombril et le peuple français ne veut pas voir les socialistes se replier sur eux-mêmes", a-t-elle souligné. Il n'en fallait pas plus dans le contexte d'extrême tension qui règne au PS pour faire bondir les proches de Laurent Fabius et à un degré moindre ceux de Dominique Strauss-Kahn. "Il ne faut pas que ce soit la télé avant l'ORTF", raillait Laurent Fabius, qui compte sur les débats pour déstabiliser Ségolène Royal."Je souhaite qu'elle retrouve son calme le plus rapidement et qu'elle se rende compte que ces débats sont nécessaires", a réagi le fabiusien Claude Bartolone. Le directeur de campagne de Laurent Fabius a rappelé que la présidente de Poitou-Charentes a accepté le compromis passé entre les représentants des candidats sur l'organisation des trois débats télévisés, dont le premier sera diffusé mardi soir par les chaînes parlementaires.

Le risque d'un "grand déballage"

Tout a été prévu jusqu'au moindre détail pour éviter les affrontements entre candidats, qui n'auront pas le droit de s'interpeller et répondront à tour de rôle à des questions posées à l'avance par les militants. "Il ne faut pas que ce soit la télé avant l'ORTF", raillait Laurent Fabius, qui compte sur les débats pour déstabiliser Ségolène Royal. Les "ségolistes" ont aussi obtenu que les trois débats prévus en région ne soient pas filmés par les caméras de télévision. "Ségolène Royal n'est pas à l'aise dans la confrontation. Ce qui est un souci pour elle", a renchéri le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis. Il a estimé que la compagne de François Hollande, "candidate officielle" des barons socialistes selon ses adversaires, avait cherché un "acte d'autorité" pour accréditer l'idée d'une "distance vis-à-vis du parti". Plus directs, les fabiusiens mettent en cause l'impartialité de M. Hollande, "arbitre engagé", selon M. Bartolone. "Dès qu'il voit sa candidate en danger il rentre sur le terrain", dénonce le bras droit de Laurent Fabius. Fabiusiens et strauss-kahniens n'ont pas manqué d'exploiter une autre bévue de Mme Royal, son refus mercredi dernier devant la presse de dire quelle sera sa position personnelle sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. La candidate s'en était remise à l'opinion des Français, qui seront consultés par référendum à l'issue des négociations d'adhésion. "Avec un raisonnement comme celui-ci il y aurait encore la peine de mort, les innocents d'Outreau auraient été exécutés", s'est insurgé M. Bartolone. "La politique, c'est le courage des ses opinions." Devant la polémique, les proches de Ségolène Royal calmaient le jeu . "Sa présence au premier débat n'est pas compromise", a assuré son porte-parole Gilles Savary. Selon lui, la candidate a voulu mettre en garde ses concurrents contre le risque d'un "grand déballage" qui aurait un effet désastreux pour l'image du PS auprès des Français, et risquerait d'hypothéquer les chances de son candidat par la suite. La favorite des sondages à gauche enregistre chaque jour de nouveaux ralliements de barons du PS. Le jospiniste Manuel Valls a ainsi annoncé sur France Info qu'il voterait Royal. AP

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PS: débat à Clermont-Ferrand devant les militants

Les trois candidats à l'investiture socialiste ont plaidé leur cause jeudi soir devant 3000 militants à Clermont-Ferrand

Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius n'ont pas débattu ensemble. Chacun a présenté sa candidature en 20 minutes et a répondu 3 questions.

Si Strauss-Kahn s'est présenté comme le champion d'une gauche de "la vérité", Royal a fustigé le système bancaire français alors que Fabius a rêvé d'une gauche "offensivement anti-libérale".

Pour le premier débat régional des candidats à l'investiture socialiste pour 2007, l'ordre de passage des trois personnalités a été tiré au sort, de même que les questions émanant des fédérations de la région Auvergne. En outre, les militants présents dans la salle ne pouvaient pas intervenir.

Laurent Fabius a demandé à la gauche d'être "offensivement anti-libérale" et de ne pas "mettre les pieds" dans les valeurs et les thèmes de la droite. Il s'en est pris vigoureusement au capitalisme, jadis "industriel", aujourd'hui "financier" et "mondial", et n'ayant d'autre souci que "le profit".

"Si nous laissons faire, comment y arrive-t-on ?", a lancé l'ancien Premier ministre. Et il a répondu : "En réduisant soit les salaires, soit l'emploi, soit la protection sociale, soit en délocalisant", avec bientôt "plus aucun secteur industriel délocalisable qui soit à délocaliser", des services publics "impossibles a maintenir", "le code du travail laminé".

Ségolène Royal s'en est prise de son côté au système bancaire français, l'accusant sous de vifs applaudissements de "faire du profit sur le dos des pauvres". "Les riches ont le moyen de renégocier leurs prêts, les pauvres croulent sous les tarifications bancaires", qui sont "un vrai scandale".

Selon Mme Royal, qui répondait à une question sélectionnée par les organisateurs, il faut "remettre de l'ordre sur les tarifications bancaires, interdire aux banques de faire du profit sur le dos des pauvres, interdire les publicités scandaleuses qui plongent des familles dans le surendettement".

Dominique Strauss-Kahn s'est présenté pour sa part comme le champion d'une gauche de "la vérité", seule à même de ne pas décevoir pour avoir trop promis. "Nous devons changer le rapport de la politique à la vérité dans notre pays. Non, on ne distribuera pas plus que l'on a produit", a affirmé devant les militants auvergnats le candidat à l'investiture pour la présidentielle, invitant ainsi les socialistes à ne pas négliger la production de richesses au profit de leur redistribution.

Pour "DSK", il faut "cesser de faire croire que les socialistes veulent fuir dans le déficit, car la dette publique c'est payer des intérêts, et alors, l'effort de redistribution est presque annihilé par la dette publique."

Les autres rencontres prévues dans la campagne interne au PS auront lieu à Paris et Toulouse.

Seuls les militants socialistes ayant adhéré avant le 1er juin 2006 et à jour de leur cotisation sont habilités à voter pour désigner le candidat PS à la présidentielle. Le premier tour est prévu le 16 novembre, avec un second tour éventuel le 23.