RAPPEL DES FAITS

« Après une période d’informations nous passons maintenant au stade des approfondissements et des échanges avec les différents responsables. Cela va se dérouler sur un nombre impressionnant de réunions organisées les jours prochains. Le but est de livrer, expliciter l’ensemble des éléments d’argumentations que nous avons rassemblé » a indiqué, en préambule, Yves Massenet le Directeur Régional de l’Équipement Aquitaine.

Avant de laisser la parole à Olivier Gouet, chargé de commenter la présentation d’un thématique, Alain Renard, le président de la CdC a tenu à préciser que « nous n’en sommes pas encore à une salle qui est en séance de travail. Nous avons exprimé le fait que les délais de réflexion qui étaient assortis semblaient peu compatibles avec une réelle concertation. Nous ne voulons pas jouer avec des règles de jeux qui sont piégées ».

Carte à l’appui, Olivier Gouet, a donc rendu compte de l’analyse des documents présentés contenant l’ensemble des fuseaux qui traitent des enjeux des bâtis, du milieu agricole et viticole, du milieu naturel et paysager du territoire, et qui laissent apparaître une menace pour un certain nombre d’habitats. A ce stade de la réunion les observations et les réflexions fusent. Entre autres : « si à l’origine ont nous avaient présenté ce projet je crois que les élus auraient débattus d’une façon différente » déclare Jean Chiron, le maire de St-Mariens. « Quand on voit ses années de labeur saccagées ça fait très mal » renchérit Jean Claude Récappé le maire de la commune. « Il faut purement et simplement retirer le projet » s’insurge Pierre Roques, le 1er élu de St-Yzan qui opte pour le développement du ferroutage. « Ces études sont intéressantes, elles montrent qu’il n’est pas possible que le contournement passe dans le secteur » souligne Daniel Longo qui propose plutôt de travailler sur le développement des transports en commun, la voie ferrée, le fleuve. A ce sujet, Yves Massenet intervient pour informer que sur le principe des différents modes de transport le débat n’était pas conclu, et qu’il faisait l’objet de projets de développement. « Malgré cela nous craignons que le trafic auto routier continue à croître » précise le directeur Régional de l’Equipement.

Des retombées d’accessibilité au développement sur le secteur

Dans l’hypothèse d’un passage sur les vignes, par secteur, il est estimé que 5 hectares au km serait détruit. « Ce qui compte c’est de voir les effets sur les exploitations. Nous avons étudié cela avec la Chambre d’Agriculture. C’est un élément particulièrement délicat. Il n’est pas pris à la légère. Les quantités ne sont pas les seuls critères pour juger de la difficulté d’un impact sur le monde viticole. Nous en sommes convaincus » explique Yves Massenet. Il poursuit : « l’objectif du contournement est de capter le transit Nord/Sud qui est issu de la RN 10 et de l’Autoroute A 10 de manière à le séparer du trafic urbain de l’agglomération Bordelaise ».

Alain Videau le maire de Cavignac, qui avoue ne pas encore avoir pris de position vis à vis du grand contournement, a suggéré de voir du côté de l’Autoroute A 89 s’il n’y aurait pas des possibilités d’y établir un fuseau. A cela Yves Massenet répond : « cette question d’un barreau vers cette Autoroute fait l’objet d’interpellation, de prise de position depuis que l’on parle d’elle. Le Libournais s’est exprimé sur cette question en revendiquant la réalisation d’un barreau entre le Cubzacais et le Libournais.

Cela représente une part de trafic très modeste car la liaison Est-Ouest est aménagée ailleurs plus au Nord. Seul le trafic proche de l’Autoroute et du Sud Charentais serait intéressé par une telle liaison ».

Il poursuit : « des forces importantes étaient en faveur d’un passage par l’ouest car il offre au moins l’avantage de procurer des retombées plus importantes sur le secteur local qu’un passage par l’est. Les retombées c’est l’accessibilité au grand secteur du développement. Elles figurent aussi dans le secteur de la Haute-Gironde sur lequel il est clairement apparu qu‘un distributeur, par l‘intermédiaire de la N 137, offrait l‘avantage de démultiplier un système de distribution par l‘Autoroute A 10».

Toutes ces précisions ne suffisent pas à apaiser les craintes de l’assemblée, qui continue à exprimer son désarroi face à un territoire déjà touché par de nombreuses nuisances. Michèle Cadusseau prenant la parole a fait remarquer que sa « petite » commune était concernée par presque tous les fuseaux.

Elle fait part de sa vive inquiétude par rapport à la bande des 1000 m située à proximité de la première coopérative de France, et au trouble causé aux habitants par l‘annonce du passage de l’éventuel contournement. Alain Renard a souligné : « aujourd’hui on a le sentiment d’être sur un système floué parce qu’un certain nombres de décisions fondamentales n’ont pas avancé dans les pratiques. On ne peut qu’être dubitatif devant un rapport présenté dans ce contexte. Allons jusqu’au bout de la réflexion et ne considérons pas que le grand contournement par l’ouest est à l’heure actuelle une chose acquise ».

Le préfet est prêt à étudier une nouvelle proposition de tracé

En conclusion le sous préfet Michel Créchet a mis en avant que sur le secteur de la Haute-Gironde l’impact du projet, dans tous ses hypothèses, était plus fort que sur d’autres zones. « C’est quelque chose qui devra être remonté aux autorités qui ont à prendre une décision. Sur ce point la décision de faire un grand contournement ou de faire tel ou tel tracé n’est pas prise.

C’est la raison pour laquelle sont organisées des réunions de ce type. Cinq tracés concernent la Haute-Gironde. Aucun des cinq n’est décidé comme étant celui définitif, si jamais il doit y en avoir un. De plus M. Le préfet est prêt à étudier toute nouvelle proposition de tracé pour le grand contournement, s’il doit avoir lieu. Je ferai le maximum pour qu’au sein de la Haute-Gironde on puisse mener le plus loin possible la concertation avec les élus, les représentants des différentes professions et la population.

C’est pour cette raison que nous avons immédiatement répondu à l’invitation d’Alain Renard pour tenir cette réunion aujourd’hui ». Des propos qui, si l’on en juge, laissent à penser que les dés ne sont pas encore jetés.

Directeur Régional de l’Equipement Aquitain : Yves Massenet.

Chef de projet : Jean Michel Boutin. Olivier Gouet du Centre d’Etudes techniques de d’Équipement.

Michel Lephilipponnat