Le Journal " l'Oeil de l'Exilé " Martial Maury : "Je me considère comme un artisan"
Par BLOG PERSONNEL, vendredi 13 avril 2007 à 17:36 :: Blaye et ses Cantons :: #422 :: rss
Publié aux éditions Cheminements, sises au Coudray-Macouard (Maine et Loire) et orientées vers les régions de France, le roman "Le Secret de Restiac" a obtenu le Prix littéraire des écrivains ruraux en 2006. Rencontré au salon du livre de Paris, son auteur, Martial Maury, gentil et disponible, nous donne, ici, sa vision de l’écriture.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Martial Maury écrivain
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Propos recueillis par Youcef Zirem
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Y Zirem : Comment êtes-vous venu à l’écriture ?
M.M :Lorsque j'étais à l'école primaire dans mon petit village du Périgord, le samedi, notre institutrice, Mme Guglielmini, nous faisait faire une rédaction, un texte libre. Un jour, comme j'avais du mal à trouver des idées, j'ai commencé une histoire et à la fin, j'ai écrit "à suivre". Le principe a amusé ma maîtresse et le samedi suivant j'ai repris mon histoire, ainsi pendant quelques semaines. Il s'agissait, je crois, d'une histoire de rallye automobile, alors que je n'y connaissais (et n'y connais toujours) pas grand chose. Puis, à la maison, je m'amusais à écrire des petits romans inspirés de mes lectures du moment, cela allait du "Club des 5" d'Enid Blyton à "Arsène Lupin" de Maurice Leblanc. J'ai toujours été un gros lecteur dans mon enfance, de romans, mais aussi de BD, c'est ce qui m'a nourri. Puis, j'ai arrêté d'écrire pendant de longues années. J'avais cette idée dans un coin de tête mais n'osais pas. Des changements professionnels m'ont conduit à tenter de passer des concours administratifs. Je me suis remis à faire des dissertations, avec beaucoup de difficultés pour remettre la "machine" en marche ; mais ça c'est fait. Cela m'a permis de me "refamiliariser" avec l'écrit. Enfin, pour ce roman, je faisais mes courses avec mes enfants lorsque dans la galerie du centre commercial, j'ai vu une affiche pour un concours de nouvelles, j'ai eu envie de participer, disant à ma femme, "si je gagne j'écris un roman" ; j'avais besoin d'une "excuse" pour me lancer. Heureusement, j'ai gagné et pendant les siestes de mon fils que je gardais en congé parental, j'ai écrit mon roman.
Y. Z: Que raconte votre livre "Le Secret de Restiac" ?
M.M : Pour m'amuser, j'ai l'habitude lorsque je le présente dans les salons de dire qu'il y a une intrigue familiale, un meurtre, du drame, de l'humour, du sexe et...des recettes de cuisine. Il s'agit, à la base, d'une anecdote que l'on m'a raconté d'une femme qui dans les années trente a quitté son mari pour retourner vivre chez ses parents, mais ceux-ci habitaient à 300 m du domicile conjugal et elle a vécu ainsi à 300 m de ses enfants qui, restés chez leur père, n'avaient pas le droit de la voir. Les raisons que je donne dans mon roman sont purement fictives, je ne sais pas pourquoi elle est partie, ni pourquoi elle a fini par revenir. A partir de cette histoire, j'ai tricoté une intrigue qui se déroule sur deux époques différentes ; une actuelle avec mon "héros" et narrateur, Antonin Berson, gentil garçon qui en recueillant des recettes de cuisine du Périgord va manger chez une amie de sa grand mère, voisine et tante de l'homme qui vient de se faire assassiner. Cet homme Robert Perrot, potentat local est le fils de la femme qui a été chassé par son mari à la fin de la seconde guerre mondiale, période à laquelle débute l'autre récit. Les deux alternent dans le roman, me permettant de varier les styles et de montrer que les actions anciennes ont des répercussions sur les actuelles.
Y.Z : Quelles relations avez-vous avec votre éditeur ?
M.M :Contractuelles et cordiales ; je suis édité chez Cheminements parce que j'ai gagné un concours organisé sur manuscrit par la Fédération Nationale des clubs des Aînés Ruraux (www.ainesruraux.org) et l'association des Ecrivains Paysans. Concours de manuscrits traitant de la ruralité avec sélections départementales, régionales et nationales. Le prix consistant à être édité chez Cheminements et tiré à 3.000 exemplaires. Et voilà, j'ai gagné, à l'unanimité du jury et ai donc été édité chez Cheminements. Mes interlocuteurs habituels sont sympathiques et les ventes ont l'air de bien se passer, donc, pour l'instant tout va bien.
Y.Z : Comment voyez-vous la littérature française dans son ensemble ?
M.M : Par le petit bout de ma lorgnette. Je n'ai pas d'avis sur la littérature. Je me contente de lire ce qui me plaît. J'aime que l'on me raconte des histoires. Il est vrai, qu'à un moment je me tournai plus vers la littérature anglo-saxonne, tel John Irving par exemple, car il raconte bien et je n'étais pas sûr de retrouver cela chez des auteurs français. Avec le recul, il s'agissait sans doute de préjugés. Les derniers livres que j'ai lu sont : "Les bienveillantes" pas jusqu'au bout j'avoue, j'ai saturé, puis "Le parfum d'Adam" de J.C Ruffin, excellent thriller écologique, "Passagers clandestins" de DOA, à dévorer d'urgence. Roman d'espionnage non manichéen haletant, prenant, qui me fait penser à un autre livre que j'ai adoré "La compagnie" de Robert Littell. Puis, "La rivière des âmes" de Mireille Calmel. Mireille est une amie, nous habitons la même région et c'est une femme aussi adorable, charmante que talentueuse raconteuse d'histoire. Son roman est une belle histoire mystérieuse d'amour.
Y.Z : Quels sont vos projets littéraires ?
M.M : Continuer. Je termine mon deuxième roman. Je ne dis pas second car j'espère bien continuer. Maintenant, j'ai besoin de ma "dose" d'écriture. Aussi, en même temps qu'une activité de correspondant local de presse, de m'occuper de mes trois enfants au quotidien -c'est moi qui suis au foyer- je consacre deux heures par jour à l'écriture d'un roman. Je pense continuer avec le même personnage, Antonin et bâtir une série. Ou bien varier les angles en mettant en avant un autre personnage du même secteur, comme le fait Pierre Magnan dans ses livres. Je me considère comme un artisan, comme un petit viticulteur (j'habite en côtes de Blaye et suis originaire du Bergeracois, deux régions de vin) qui sait qu'il ne peut pas faire un très grand cru classé mais a l'ambition de donner un vin que l'on apprécie entre amis et qui fasse passer un bon moment. Je n'ai pas la beauté du style de Marguerite Yourcenar et ne l'aurais jamais. Je ne marquerai pas la littérature mondiale, bon, je veux simplement donner du plaisir à mon lecteur, qu'il (qu'elle) prenne du plaisir et si le goût peut rester un petit plus longtemps en bouche, eh bien c'est que j'aurais bien fait mon travail…
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire