POUR SA PREMIERE JOURNEE DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, NICOLAS SARKOZY VERSE UNE LARME
Par BLOG PERSONNEL, mercredi 16 mai 2007 à 20:28 :: POLITIQUE :: #451 :: rss
Voici le texte de la dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941. Elle a été lue mercredi 16 mai par une lycéenne, dans le cadre des cérémonies d'installation à l'Elysée du nouveau président de la République Nicolas Sarkozy.
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« Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon coeur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ! »
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la lecture de la lettre
Discourt du Président dans la page .
LE DISCOURT DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
L'hommage de Nicolas Sarkozy aux martyrs du bois de Boulogne
Allocution de Nicolas Sarkozy, Président de la République, lors de la cérémonie d'hommage aux martyrs du bois de Boulogne le mercredi 16 mai 2007.
« Mesdames et Messieurs,
Nous voici donc au Bois de Boulogne, en ce lieu tragique où 35 jeunes résistants furent fusillés par la Gestapo il y a 63 ans. Massacre inutile, absurde, à quelques jours seulement de la libération de Paris alors que tout est joué. Ce n'est pas un acte de guerre. C'est un meurtre perpétré de sang-froid, un acte de vengeance.
Au moment même où ils sont exécutés, les 35 résistants capturés par traîtrise sont déjà des symboles. Ils le sont aux yeux mêmes de leurs bourreaux. Sur les visages des 35 martyrs dont beaucoup ont à peine 20 ans, les bourreaux lisent leur défaite désormais inéluctable et, ce qui leur est plus insupportable encore, la préfiguration d'un avenir où ils n'auront plus leur place.
Ils ont trop tué. Ils ont trop de sang sur les mains. Ce ne sont plus des soldats, ce sont des assassins qui ne sont plus mus que par le seul instinct de mort et de destruction. Ici en ce 16 août 1944, ces 35 jeunes Français qui vont mourir incarnent ce qu'il y a de plus noble dans l'homme face à la barbarie.
Ici en ce 16 août 1944 ce sont les victimes qui sont libres et les bourreaux qui sont esclaves.
Les résistants sont jeunes. Ils vont mourir. Mais ce qu'ils incarnent est invincible. Ils ont dit « non », « non » à la fatalité, « non » à la soumission, « non » au déshonneur, « non » à ce qui rabaisse la personne humaine, et ce « non » continuera d'être entendu bien après leur mort parce que ce « non » c'est le cri éternel que la liberté humaine oppose à tout ce qui menace de l'asservir.
Ce cri nous l'entendons encore.
Ce cri, je veux que dans les écoles on apprenne à nos enfants à l'écouter et à le comprendre. Si nous voulons en faire des hommes et non de grands enfants, nous avons le devoir de leur transmettre à notre tour cette idée de l'homme que les générations passées nous ont léguée et au nom de laquelle tant de sacrifices ont été consentis.
Si j'ai tenu à faire ici ma première commémoration en tant que Président de la République, dans ce lieu où de jeunes Français furent assassinés parce qu'ils ne pouvaient pas concevoir que la France reniât toute son histoire et toutes ses valeurs, si j'ai tenu au premier jour de mon quinquennat à rendre hommage à ces jeunes résistants pour lesquels la France comptait davantage que leur parti ou leur Eglise, si j'ai voulu que fût lue la lettre si émouvante que Guy Môquet écrivit à ses parents à la veille d'être fusillé, c'est parce que je crois qu'il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, et de leur montrer à travers le sacrifice de quelques-uns de ces héros anonymes dont les livres d'histoire ne parlent pas, ce qu'est la grandeur d'un homme qui se donne à une cause plus grande que lui.
Je veux par ce geste que nos enfants mesurent l'horreur de la guerre et à quelle extrémité barbare elle peut conduire les peuples les plus civilisés.
Souvenez-vous, enfants de France, que des hommes admirables ont conquis par leur sacrifice la liberté dont vous jouissez. Mais souvenez-vous aussi que la guerre est terrible et qu'elle est criminelle. Puissions-nous faire que dans le monde que nous vous laisserons le risque de voir triompher cette barbarie ait disparu. Que le souvenir du grand crime que nous commémorons aujourd'hui vous pousse à oeuvrer pour la paix entre les hommes.
Qu'il vous fasse comprendre que pour mettre fin au cycle éternel du ressentiment et de la vengeance il a fallu construire l'Europe.
Qu'il vous fasse comprendre pourquoi la réconciliation franco-allemande fut une sorte de miracle, et pourquoi rien jamais ne doit conduire à sacrifier l'amitié qui après tant d'épreuves lie désormais le peuple français et le peuple allemand.
Enfants de France, soyez fiers de vos aînés qui vous ont tant donné, et soyez fiers de la France au nom de laquelle ils sont morts.
Aimez la France comme ils l'ont aimée, sans haïr les autres.
Aimez la France parce que c'est votre pays et que vous n'en avez pas d'autre.
Vive la République ! Vive la France ! »
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