le public

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St-GENES. En 1887 Jean Dupuy faisait poser la première pierre, du château « Segonzac »

Le week end dernier à l’occasion de ses 120 ans le château Segonzac ouvrait ses portes au public et proposait diverses animations dont un défilé de mode le samedi soir.

Le samedi dès 11 h, c’est en costume d’époque que l’équipe du château a accueilli les premiers visiteurs dans la cour du château investie par divers artisans et exposants : souffleur de verre, peintre sur porcelaine, créatrice de bijoux en perles… Tandis que les enfants bénéficiaient d’un Atelier-Théâtre et de divers jeux comme le découpage et le dessin ou d’une balade en calèche, les parents eux se sont adonnés à la visite des chais et à la dégustation des vins du château. La soirée était réservée au défilé de mode qui s’est tenu autour de la piscine du château rendant ainsi plus majestueuse la présentation des dernières modes de l’année 2007. Les 30 mannequins de tout âge, certains coiffés par Espace Beauté, et représentant les magasins « ZEN », « TANGO » et « FREEMOUSSE » de Blaye ont mis en valeur les vêtements qui se porteront cet été. Ce défilé était suivi d’un apéritif. La restauration, possible sur place, était composée d’un copieux morceau de viande accompagné bien entendu d’un Côtes de Blaye issu du château. Lorsque l’on déguste un Côtes de Blaye millésime 2000 ce Cru Bourgeois réalisé dans la pure tradition et sortant d’un terroir comme celui du château Segonzac, l’on a du mal à le différencier d’un Médoc ou d’un St-Emilion. Celui-ci, élevé en fût de chêne durant 12 mois à partir des vignes les plus âgées situées en bordure de la Gironde bénéficie des vents salins qui se déposent au pied des vignes et donne au terroir une meilleure protection contre les divers pesticides. Ce petit plus rendant le tanin plus avenant, laisse éclore au palais une petite pointe d’amertume, indispensable sur une table de qualité.

Les vins sont élevés dans nos chais climatisés pendant presque deux ans :

Le vignoble s'étend actuellement sur un peu plus de 33 Ha d'un seul tenant (100 hectares à l’origine) sur un coteau ensoleillé qui domine directement la Gironde. L'exposition y est Sud, Sud-ouest. L'âge moyen des vignes est de 25 ans, avec des Vieilles Vignes allant jusqu'à 45-50 ans. Un sous-sol argilo-calcaire confère au terroir une forte typicité, permettant aux vignes de s'exprimer pleinement, et de produire des vins concentrés et harmonieux. L'ensemble repose sur une table calcaire de plusieurs mètres d'épaisseur et qui affleure en différents points du vignoble. Le vignoble du Château Segonzac offre une palette assez large des principaux cépages du bordelais: Le merlot (60%), le cabernet sauvignon (20%), le malbec (10%), le cabernet franc (5%) et le petit verdot (5%). Les vendanges s'effectuent à la machine à vendanger, et les raisins sont triés à la main avant la mise en cuve. La température des moûts est contrôlée et régulée pendant la fermentation qui se déroule dans les cuves bétons émaillées. La cuvaison est assez longue, d'une durée moyenne de 21 jours, pour permettre une bonne stabilisation de la couleur et l'expression complète des arômes. L'élevage se réalise en cuves pour la Cuvée Tradition et en fûts de chêne pour les Cuvées Vieilles Vignes et Héritage. Les vins sont élevés dans des chais climatisés pendant presque deux ans, de manière à fondre les tanins pour obtenir le gras et la rondeur nécessaire à un vin de garde. La mise en bouteille est réalisée au Château. 85 % de sa production est exportée.

Jean Dupuy, ministre de l’agriculture, était aussi à l’origine du Journal « Le Petit Parisien ».

Mais qui êtes vous Segonzac ?.... « Je me nomme Château Segonzac tout simplement, mais cela vous le savez déjà ; je suis né en 1887, sous l’œil vigilant de mon maître d’époque Monsieur Jean Dupuy. Ce dernier ministre de l’Agriculture sous la 3ème République, était aussi à l’origine du Journal « Le Petit Parisien ». Préoccupé par ses affaires il me confia à sa petite fille Micheline Dupuy, un écrivain talentueux. Puis en 1990, cette dernière décidait de mettre

le château en vente pour s’installer à Paris. C’est alors que Monsieur Jacques Marmet, un industriel Suisse vit apparaître dans un quotidien Suisse, l’annonce de notre mise en vente. Epris par mon architecture et mon histoire, passionnée par le succulent produit que mes consœurs les vignes donnent chaque année, il se porta acquéreur de ma personne. Enfin dix ans plus tard en l’an 2000, je fis la connaissance de la fille de mon maître, Charlotte et de son mari Thomas Herter. Tout deux venus avec leurs deux enfants Bélinda et Joël, sans oublier le chien « Ballou » ! Rendez vous compte ! Depuis combien de temps n’avais-je pas entendu d’explosion de joie, de cris et d’aboiements. Aujourd’hui j’exerce toujours la même profession, veiller sur le vignoble, scruter l’horizon et protéger ma famille… Regardez moi, j’ai 120 ans cette année et pas une ride. Viticulteur est une profession de foi, et il en faut dans cette période trouble que traversent tous les vignerons. Nous avons la chance d’avoir les meilleurs millésimes grâce au savoir de nos anciens qui firent de nos terroirs une richesse,

celle de ce département, quand sera-t-il demain ?

Michel Lephilipponnat

PHOTOS DU DEFILE