PROJET D'INSTALLATION EN MARAÎCHAGE DIVERSIFIE EN EN VENTE DIRECTE ( Agriculture biologique et traction animale.)
Par BLOG PERSONNEL, mardi 3 juillet 2007 à 17:22 :: Bordeaux :: #491 :: rss
Projet d'installation en maraîchage diversifié et vente directe.
S'inspirer du passé, utiliser les techniques modernes et préserver notre environnement pour produire les légumes de demain.
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Je m'appelle Eric Souffleux, j'ai 28 ans (né le 15 août 1978), suis professeur de karaté dans la ville de Couëron (lundi et vendredi soir), diététicien de formation et actuellement en reconversion professionnelle dans le maraîchage biologique.
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ERIC ET SON EPOUSE

ERIC AU KARATE
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LES LEGUMES BIO
Document de présentation destiné aux collectivités locales, aux agriculteurs et aux propriétaires qui pourraient nous permettre l'accès à la terre.
1. Présentation du porteur de projet :
Depuis octobre 2006, je suis diplômé du BP-REA (Brevet Professionnel Responsable Exploitant Agricole) option maraîchage que j'ai obtenu en suivant une formation pour adulte d'un an à la chambre d'agriculture de Nantes. Après avoir terminé une période de stage obligatoire, je suis dans la dernière étape de mon projet : la recherche d'une terre à cultiver. Je peux prétendre au statut de Jeune Agriculteur, ce qui me permettra d'obtenir une aide à l'installation. Je suis actuellement salarié à temps partiel chez un maraîcher biologique à Petit-Mars, ce qui me permet d'acquérir l'expérience nécessaire à mon installation en me laissant du temps pour chercher un lieu où nous installer. Comme vous pouvez l'imaginer, cette situation est financièrement précaire et j'ai hâte de trouver un lieu où nous implanter pour mener à bien notre projet.

RECOLTE DANS LA TRADITION
Je suis accompagné d'Eva Sagasti, âgée de 25 ans :
Je suis accompagné d'Eva Sagasti, âgée de 25 ans, qui termine actuellement un apprentissage en ébénisterie (encore une reconversion professionnelle !). Elle devrait activement participer à ce projet tout en gardant un complément d'activité dans son métier. Nous prévoyons qu'elle travaillera avec moi le printemps et l'été pour m'aider à la mise en place des cultures, ainsi qu'aux récoltes. Pendant la saison plus calme del'automne et de l'hiver, elle pourra se consacrer davantage à sa propre activité.
Un des grands atouts de notre projet est la complémentarité que nous avons su trouver entre nos divers centres d'intérêts et notre projet agricole. Le maraîchage me permettra de continuer à donner deux soirs par semaine des cours de karaté, d'autant plus que ces cours s'arrêtent pendant les vacances scolaires. Eva ,quant à elle, sera une aide précieuse pour le projet agricole par sa présence dans le jardin à la belle saison, tout en se gardant du temps pour mener sa vie d'artiste du bois à la période froide.

Karatéka confirmé Maraîcher en devenir
Cette reconversion pour devenir paysan ayant un regard vers l'avenir (satisfaire des consommateurs cherchant une alimentation saine et respectueuse de l'environnement) et un autre dans le rétroviseur (en voulant réintroduire la traction animale et en participant à la sauvegarde de notre patrimoine végétal et animal) est le fruit d'une longue prise de conscience. Pour faire court, disons que je suis très sensible à l'idée de dépendre le moins possible des énergies fossiles. Comme beaucoup, j'ai été très marqué par les marées noires de l'Erika et du Prestige. Mais contrairement à beaucoup qui fustigent seulement l'État ou la société Total, je me suis senti personnellement responsable de ces catastrophes parce que j'étais intimement lié au pétrole dans mes déplacements (j'ai notamment beaucoup roulé en moto) et mon alimentation (agriculture pétrochimique). Une longue mue de mon mode de vie s'est alors mise en place pour ne plus ressentir ce sentiment de culpabilité. Par ailleurs, la combustion du pétrole, du charbon et du gaz par notre civilisation prétendument moderne est en grande partie responsable du réchauffement climatique global. Ce péril est effrayant ! Je refuse la fatalité et veux mettre un point d'honneur à ce que mon projet aboutisse à une exploitation avec le plus faible bilan carbone qu'il me soit permis d'avoir en étant économiquement viable.
Au cours de ma formation, j'ai pu faire des stages dans de nombreuses exploitations maraîchères : dans une serre à tomates (pour voir de l'intérieur ce qu'est une exploitation conventionnelle alimentant la grande distribution), chez un maraîcher bio alimentant une AMAP (Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne), deux maraîchers bio vendant en direct sur les marchés et le potager d'un restaurant où les légumes sont cultivés à l'ancienne, avec le concours de la traction animale (âne et percheron). J'ai également pu visiter de nombreuses exploitations conventionnelles dans la vallée nantaise ainsi que d'autres exploitations fonctionnant en bio ou en traction animale. En décembre 2006, nous sommes allés rencontrer des agriculteurs du sud de la France qui produisent des légumes bio avec le concours de la traction animale dans un système cultural moderne.
Ces photos montrent une exploitation maraîchère biologique située près de Cahors qui fonctionne totalement en traction animale. Cette petite ferme représente pour nous l'exemple à suivre pour notre projet agricole. Vous pouvez voir ici à quoi ressemble le travail sur buttes.

2. Présentation du projet.
Productions principales : divers légumes de saison immédiatement et fruits progressivement
Productions secondaires (envisagées si surface suffisante) : viande bovine à partir d'une race locale et
chevaux de travail dressés prêts à être utilisés.
Schéma de production : agriculture biologique (sans pesticides ni engrais de synthèse) en réintégrant l'usage de la traction animale avec des outils modernes. Cela ne veut pas dire que la mécanisation sera absente de mon exploitation, mais elle n'aura pas l'importance qu'elle aurait dans un projet classique. Je compte d'ailleurs démarrer avec un système mixte tracteur / cheval, avec dans un premier temps la préparation du lit de semence grâce au tracteur et l'entretien des cultures avec le cheval. Je travaillerai essentiellement en buttes et très peu en planches (seulement dans les tunnels pour optimiser l'espace) de manière à favoriser la mixité du système tracteur / cheval. Dans un second temps, je souhaite réaliser l'ensemble des travaux avec l'animal en gardant le tracteur pour l'urgence et les travaux avec des outils spéciaux (fourche hydraulique et planteuse). Dans un troisième temps, je verrai si je peux me passer définitivement d'un tracteur à demeure, sachant qu'il sera toujours possible d'en louer un de temps à autre, ou d'adhérer à une CUMA (Coopérative pour l'Utilisation du Matériel Agricole).

Voici Devine (une jument percheronne) attelée au Polynol PROMMATA, qui m'a appris le métier au cours du printemps 2006.
Juste à côté, voici l'âne Hugolin qui entretient les inter buttes, attelé lui aussi à un outil polyvalent et moderne : la Kassine
Traction animale : Il ne s'agit pas pour moi de travailler à l'ancienne avec des outils et des techniques anciennes. Je veux travailler avec des chevaux attelés à des outils modernes (les outils PROMMATA : Association pour la PROmotion du Matériel Moderne Agricole en Traction Animale) dans un schéma de fonctionnement économiquement rentable. Aujourd'hui, si le cheval n'arrive pas à trouver sa place dans les travaux lourds des grandes cultures, il a par contre tout son intérêt dans le maraîchage comme dans le débardage ou la viticulture moderne. La problématique de la traction animale vient surtout du fait qu'il faut de bons chevaux (ou poneys) particulièrement calmes et dociles. Le caractère de l'animal est bien plus fondamental que sa conformation physique. Choisir et éduquer et les bons animaux, voilà ce qui prendra le plus de temps au début et qui exigera un démarrage avec le tracteur. Nous comptons démarrer avec des poneys Fjords et espérons pouvoir travailler plus tard avec des Traits Bretons. Travailler avec les chevaux, que j'ai longuement fréquentés dans ma jeunesse, est pour moi une nécessité impérieuse qui correspond parfaitement à ma personnalité. Dès le départ de mon idée de reconversion dans l'agriculture, j'ai eu l'envie et l'intuition qu'il fallait lier le monde végétal et le monde animal.

Le poney Fjord est particulièrement adapté au maraîchage du fait de sa petite taille (entre 130 et 145 cm au garrot) et de sa résistance au travail. C'est un très bon compromis entre l'âne et le cheval de trait.
Plastique : Les techniques maraîchères modernes seront présentes dans notre projet puisque nous aurons recours à 1500 m² de tunnels (5 tunnels de 9m x 35m) pour les productions primeurs et tardives destinées prioritairement aux marchés. Cela dit, j'ai à coeur d'inciter les consommateurs réunis dans les AMAPs à consommer des légumes de saison, ne nécessitant donc pas ou peu de tunnel. Nous recourrons également à des toiles tissées réutilisables (plus de 20 ans !) et recyclables pour faire du paillage (pour passer moins de temps à désherber). En complément des tunnels plastiques, nous utiliserons des châssis fabriqués avec du bois et du verre. La photo ci-contre montre un tunnel comme nous comptons en acheter où nous ferons pousser les concombres, les tomates, les melons et les courgettes sur un sol préalablement travaillé en traction animale, puis recouvert d'une toile hors sol pour limiter l'enherbement.
Distribution des paniers dans l'AMAP des Sorinières.
Vente de légumes biologiques sur le marché d'Ancenis.
Système de vente : vente directe sur les marchés et à travers une AMAP.
Fonctionnement d'une AMAP : plusieurs dizaines de consommateurs se regroupent autour d'un (voire plusieurs) agriculteur(s) et signent un contrat avec celui-ci pour une durée de 6 mois environ. En ce qui concerne le maraîchage, l'agriculteur s'engage à fournir chaque semaine ses clients en légumes frais, divers et de saison. Il est ainsi certain d'écouler sa production. Les consommateurs y trouvent également leur compte grâce à la qualité des légumes, le plaisir d'acheter local et de saison, grâce à la convivialité ambiante. Le lieu de vente peut être chez le producteur, dans un local communal ou autre.
Cette photo montre une tenue maraîchère proche de Nantes (Vigneux de Bretagne) qu'on nous a refusée parce que nous voulions produire en bio.
Surface souhaitée : 8 à 30 ha dont 4 ha destinés au maraîchage, 2 ha à l'arboriculture (sous forme de pré-verger), 2 ha de prés pour trois animaux de traits nécessaires aux travaux du sol et le reste pour l'élevage extensif de vaches locales pour préserver la race.

++__ L'eau est la contrainte principale qui pèse sur notre projet maraîcher.__++
Contraintes d'irrigation : entre 1500 et 4000 m3 d'eau par ha cultivé pour les légumes. Notre projet peut se satisfaire de 6000 à 8000 m3 dans le cas où l'on cultive 2 ha de légumes nécessitant un fort arrosage. En supposant qu'il n'y ait pas assez d'eau (seulement 2000 m3), il nous faut au minimum la possibilité d'arroser avec un compteur herbagé.
Des emplois en perspective : Nous commencerons progressivement à cultiver nos terres en maraîchage. A nous deux, on doit être capable de cultiver près de deux hectares dans un système très extensif. On cherchera d'abord à adapter notre production à la consommation. On devrait commencer avec un seul marché et une AMAP. Si le succès est au rendez-vous (ce dont je doute peu), nous commencerons à embaucher, à raison d'un salarié par demi-hectare supplémentaire, sachant qu'on orientera ces salariés d'abord sur des tâches de cueillette. Nous pourrons vendre sur un autre marché ou une autre AMAP et nous en confierons la responsabilité aux salariés. Notre projet n'est donc pas un simple projet familial, il s'agit d'une véritable entreprise inscrite pleinement dans l'écologie et le social.
Contraintes géographiques : Nous souhaiterions nous installer dans une relative proximité du consommateur. Notre projet s'inscrit largement dans l'agriculture péri-urbaine. Nous sommes plutôt fixés sur le nord et l'ouest de la région nantaise, mais devant la difficulté que représente la recherche de terres, nous sommes maintenant prêts à quitter notre région pour une autre. Nous privilégions la façade Ouest de la France, en gros entre St Malo et Bordeaux et jusqu'à 200 km de l'océan atlantique. Nous souhaitons vivre à proximité d'une petite ville (entre 10000 et 20000 habitants) pour avoir accès à une zone de chalandise suffisamment importante.
Voici deux exemples que nous souhaitons suivre pour habiter petit à petit plutôt qu'à crédit, tout en minimisant notre empreinte écologique : une roulotte d'habitation, puis une maison bioclimatique.
Contraintes liées à l'habitat : Comme nous ne voulons pas investir nos économies dans du non productif, nous souhaitons pouvoir nous installer pendant quelques années dans un habitat léger mobile (mobil home, chalet, grande caravane ou grande roulotte d'habitation). Les plantes légumières, plus encore que les animaux, nécessitent une présence permanente et il est indispensable que nous puissions habiter sur le lieu d'exploitation. Lorsque notre entreprise aura atteint son rythme de croisière, nous envisagerons la possibilité soit d'acheter un habitat à proximité, soit de construire, notre préférence allant à la deuxième solution car nous souhaitons habiter dans une maison bio-climatique par soucis de cohérence avec tout ce que nous aurons entrepris par ailleurs.
Tricycle tandem couché Greenspeed et Chevaux de trait de race bretonne. La voiture et le tracteur du futur réunis sur une même photo. Notre projet illustre l'adaptation positive de notre civilisation à l'épuisement des ressources planétaires.
Sauvegarde du patrimoine vivant animal et végétal : J'ai également à coeur de participer à la sauvegarde de notre patrimoine vivant en remettant le cheval de trait au travail. Le fait qu'il ne soit élevé que pour la viande a conduit les éleveurs à sélectionner uniquement les chevaux sur des critères physiques alors que le critère fondamental d'un cheval de travail est sa docilité. Il n'est pas trop tard pour reprendre les choses en main dans le bon sens, et c'est ce à quoi je m'attèle. Si la surface le permet, j'aimerais élever des vaches locales et ainsi participer à la préservation de ce patrimoine vivant. Je veux aussi préserver le capital génétique du monde végétal en cultivant des légumes oubliés ou des variétés anciennes de légumes courants. De même pour les fruits, j'espère participer à la sauvegarde du patrimoine local.

Une race bovine à sauvegarder : la nantaise.
Ferme pédagogique : Nous souhaitons accueillir le public à l'occasion de journées portes ouvertes régulières pour montrer comment nous travaillons en agriculture biologique et en traction animale. Nous ne voulons pas simplement ensemencer la terre pour qu'elle nous nourrisse; nous voulons aussi semer des graines dans l'esprit des gens pour leur ouvrir les yeux sur une perspective heureuse du développement durable. C'est ce qu'on pourrait appeler de l'écologie active. Il est envisageable que nous engagions un rapprochement avec une ONG environnementale comme la fondation Nicolas Hulot pour en faire une ferme pilote, un lieu où journalistes et personnalités politiques viendraient parler du développement durable en s'appuyant sur une réussite économique et environnementale.
Formation des jeunes agriculteurs : Dans ce projet, je m'engage à laisser une place à la formation de futurs agriculteurs désireux de revenir à la traction animale. Je commencerai par accueillir des stagiaires en relation avec la chambre d'agriculture du département et j'espère d'ici une décennie pouvoir former tous les deux ou trois ans un maraîcher qui ira s'installer ailleurs pour y produire des légumes respectueux du sol et du climat.

Voilà pour nos souhaits. Nous sommes assez indifférents à la location ou à l'achat. Dans le premier cas il faudra convaincre le ou les cédants, dans le second il faudra convaincre les banques. L'idéal serait de pouvoir acheter la partie où nous produirons les légumes et où nous aurons nos abris, le reste pouvant être en location. L'essentiel est pour nous de trouver un lieu où se réalisera notre projet.
Je vous remercie d'avance pour l'intérêt que vous porterez à ce projet inscrit pleinement dans une éco-logique.
Pour celui ou celle qui nous donnera une chance, merci de nous contacter au 02 40 06 09 96 ou par email à webmaster @ generationsfutures.net
Eric Souffleux et Eva Sagasti
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