_

BIOGRAPHIE DE MIREILLE CALMEL

Je suis née Mireille Claire Rouchon le 8 décembre 1964, dans une petite ville de Provence : Martigues, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Marseille, et une vingtaine d’Aubagne, si chères au cœur de Marcel Pagnol. Plus près encore du village où je vivais avec ma famille : St Pierre les Martigues, Carry le Rouet flatta la verve truculente de l’irremplaçable Fernandel, me plaçant dès ma venue au monde dans cet esprit de cigale qui fleure bon le thym et la farigoule.

Ma mère, Annie Souche divorça de Louis Rouchon à l’aube de mes trois mois, puis se remariant quelques temps plus tard avec Mr Emile CALMEL, me donna un frère : Michel en 1966 et une sœur : Monique en 1969. Mr Rouchon s’écarta volontairement de mon enfance sans cesser de payer une pension alimentaire dérisoire et je n’eus de ses nouvelles qu’au jour de mes dix huit ans, peu de temps après la parution d’un article dans un journal qui vantait mon talent tout neuf d’écrivain.

Je venais en effet de publier « Angéline » que l’on qualifierait aujourd’hui d’auto-fiction. Mais ceci est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons…Quant à Louis Rouchon, ne me manifestant de même qu’à mes enfants pas plus d’affection et d’intérêt dans les années qui suivirent notre rencontre, s’il geste un géniteur, il fait partie de ma genèse, pas de ma vie.

Tout ceci pour dire que Monsieur Calmel, qui ne fut légalement que mon beau père, devint dès mon plus jeune âge, mon seul et unique papa. Tout ceci pour dire que Monsieur Calmel, qui ne fut légalement que mon beau père, devint dès mon plus jeune âge, mon seul et unique papa.

Les neuf premières années de mon existence furent heureuses. Papa était contremaître mineur aux Platrières de France, et maman avait cessé d’être laborantine pour s’occuper de sa progéniture, du jardin potager, de la meute de chiens de chasse de papa, de l’arpent de vigne, de nous trois et de mamée Antonia que mon père avait pris en viager avant son remariage avec ma mère. Mamée vivait avec nous, remplaçant dans nos coeurs cette grand-mère maternelle décédée peu de temps après la naissance de mon frère.

Mamée était un personnage étonnant. Devenue aveugle en 65, à une époque où les glaucomes et la cataracte ne se soignaient pas comme aujourd’hui, elle m’apprit une quantité de choses, tandis qu’à tour de rôle avec mon frère et ma sœur nous guidions ses pas quotidiennement vers la colline, au bout de la petite route qui bordait notre maison.

A ses côtés, je découvrais qu’en fermant les yeux, concentrée sur les bruits alentours, le crissement de l’herbe sous les pieds, le souffle du vent, l’écho, le martèlement de nos chaussures, les parfums, bref tout ce qui composait son univers d’aveugle, je pouvais avancer droit devant, sans crainte de m’écarter du chemin.

J’ai ainsi pu aiguiser ces sens que l’on oublie trop souvent les yeux ouverts, et si aujourd’hui, je parviens, en écrivant, à percevoir l’atmosphère d’une scène, et jusqu’au battement de cils de mes personnages, je sais que c’est à elle que je le dois. Lorsque je m’étonnais qu’elle puisse enfiler une aiguille et coudre, elle souriait et affirmait : « Il suffit de se concentrer sur les choses pour les visualiser. » . J’adorais lire et il m’était normal de le faire à voix haute pour qu’elle puisse partager avec moi ces belles histoires. C’est auprès elle que j’ai découvert « le Petit Prince » de St Exupéry pour la première fois.



Tu vois bien ! a-t-elle conclu avec humour.

Mon grand père, Jean Calmel, que nous visitions souvent en été contribua lui aussi avec tendresse à mon apprentissage. Il avait une voix superbe et chantait souvent. J’avais donc mis un point d’honneur à travailler mon filet de soprano pour être digne des fêtes familiales et lui faire plaisir. Il aimait les arts et la lecture. Lorsque j’osais lui révéler mon intention de devenir écrivain, il m’encouragea à ne jamais douter :

Si tu as du talent, un jour quelqu’un s’en apercevra, assurait-il.

Je me souviens qu’il m’emmena un jour à Béziers, proche du village de St Nazaire de Ladarez dans l’Hérault , où il habitait avec sa femme Marcelle. Il me conduisit dans un restaurant très chic et comme je m’étonnais de la quantité de plats qu’il commandait, il eut ce sourire complice que j’aimais tant : Je vais t’apprendre à te servir de tous les couverts, comme ça, le jour où tu seras dans le grand monde, tu pourras avoir l’assurance qu’il faut. 

J’ai mangé à peine, mais nous avons beaucoup ri…

De même il me disait :

Peu importe ce qui te vêt, même un sac de pommes de terre avec un trou à chaque extrémité peut avoir de l’allure, si tu le portes la tête droite et le regard fier. Ma mère avait la même philosophie. Nous n’étions pas riches, mais jamais personne n’aurait pu deviner dans l’attitude de maman le moindre souci de trésorerie. C’est pourquoi j’ai appris à marcher avec un dictionnaire sur le crâne, en fixant l’horizon imaginaire de mes yeux fermés.

deviner dans l’attitude de maman le moindre souci de trésorerie. C’est pourquoi j’ai appris à marcher avec un dictionnaire sur le crâne, en fixant l’horizon imaginaire de mes yeux fermés. Papé Jean s’est éteint d’un cancer en 1981, au moment où mes parents m’offraient mon premier contrat d’édition dans une maison à compte d’auteur pour publier Angéline.

Signe le du nom de Calmel, tu es ma petite fille ! a t-il souhaité avec fierté. Lorsque papa nous a quitté à son tour en 1990, ce nom devint mon héritage. Le plus beau sans doute que leur amour m’ait légué.

LE BAL DES LOUVRES

TOME 1 : LA CHAMBRE MAUDITES

À toutes les femmes battues, violées et humiliées, de tous temps et de tous lieux. À celles pour qui la différence autant que la vie sont un fardeau.

À celles qui rêvent de justice, de liberté et d'amour.

À celles et ceux, enfin, qui se battent pour que jamais l'espoir ne meure.

Décembre 1500. Au pied des remparts du château de Montguerlhe, sous la lune glacée, gît une jeune fille aux longs cheveux souillés. Elle est ensanglantée, inconsciente. Parce qu’elle était trop belle et qu’elle s’est refusée à son maître, le seigneur Francois de Chazeron, il a fait pendre son mari à la sortie de leurs noces, il l’a violée, battue, marquée au fer rouge. Puis il l’a fait jeter aux loup.

Mais les loups ne toucheront pas cette jeune fille brisée. Elle est des leurs. On dit qu’elle leur parle, et même que, les soirs de pleine lune, elle se transforme...Tous la croient morte, et pourtant Isabeau a survécu. Cachée dans la forêt, à la tête de sa meute de loups, elle n’a qu’un seul mot à l’esprit : Vengeance !

Isabeau, superbe et émouvante, endurcie par les épreuves mais au coeur généreux, nous entraîne des souterrains d’une forteresse auvergnate aux salles de bal du Louvre, de la cour des Miracles à celle de François I er,des prophéties d’un enfant qui deviendra Nostradamus à la recherche de la pierre philosophale...

PREMIERE PAGE

Ce n'était pas à proprement parler de l'angoisse. Juste une oppression légère qu'il sentait descendre de sa poitrine jusqu'à ses mollets serrés contre les flancs de l'âne. Une de ces sensations qui vous tiennent parlois à la tombée de la nuit, lorsque la lune est ronde et pleine, voilée par intermittence d'une brume noire effilochée par la brise.

L'impression que ces tours dont il distinguait la masse noire et imposante sur le roc, juste au bout du chemin, ne parnendraient pas à lui donner refuge.

Alors, pour chasser cet absurde et ridicule frisson, l'abbé Barnabé traça un signe de croix sur son mantel, abaissa son capuchon et posa avec détermination le poing sur le poignard d'argent qu'il portait à la ceinture.

Il se rassura du silence autour de lui, des deux murets dressés à hauteur d'homme sur cette portion de route, qui empêchaient les loups d'attaquer les voyageurs, puis il talonna sa monture fatiguée...

TOME 2 : La VENGEANCE D'ISABEAU

Loin du pouvoir et de ses vices, dans la véritable richesse des âmes et des cœurs, ne sois pas un autre, si tu peux être toi-même. (Paracelse).

1531. La vengeance des femmes-loups n’a pu être accomplie, mais leur vie a retrouvé normalité et gaieté. A Paris, Isabeau est devenue lingére du roi François Ier, qui apprécie sa compagnie. L’ancienne petite sauvageonne d’Auvergne gère de main de maître une boutique où les plus belles soieries de la Cours sont taillées et brodées.

A ses côtés virevolte sa petite-fille, Marie, une adolescente rieuse et insolente, adorée à la cour des Miracles où elle a longtemps vécu cachée. Avec son ami d’enfance, le jeune Constant, fils du nain Croquemitaine, elle ne cesse de provoquer la police du roi. Pourtant un jour de printemps, cette nouvelle vie bien ordonnée bascule. Un chargé de justice vient d’être nommé à Paris, et celui-ci n’est autre que François de Chazeron. Il est venu les traquer.

La fuite n’est plus de mise, les femmes-loups devront affronter le cruel seigneur auvergnat. Et c’est unies toutes quatre, la maudite, la survivante, la louve et l’innocente, qu’elles se battront une dernière fois pour conquérir enfin leur liberté...

PREMIERE PAGE

«Vollore, ce 16 mai 1521.

Étrange journée en vérité que celle-ci en ce printemps radieux, bourdonnant et bourgeonnant. J'ai rarement vu sur ces terres ciel plus claIr et dégagé, senteurs plus fortes aux narines.

Je pars. Peut-être est-t-e ce qui aiguise ainsi mes sens, mais je ne le crois pas. Journée de baume sur six années de ma vie.

Un nénuphar sur une eau qui n'en finissait plus de croupir.

François de Chazeron m'a chassée. Je l'espérais, je crois, depuis toujours, pour que cesse le calvaire de ces illusions mortes, pour que s'efface la douleur de ces enfants perdus, pour enfin éloigner de moi la malédiction qui hante cette demeure. À jamais.

Étrange comme les souvenirs reviennent. Il m'a concédé d'emmener Antoinette-Marie avec moi. Je ne la lui aurais pas laissée quoi qu'il advienne. Cette enfant l'indiffère. Je me suis souvent demandé si même il ne la haissait pas. Des trois qui naquirent, elle est la seule à avoir survécu. Deux l'ont suivie, sans amour, instants bestiaux de procréation.

Ils sont défunts peu après leur naissance. Je ne crois plus au hasard. Cette terre ne doit pas avoir d'héritier, simplement, pour une raison qui continue de m'échapper...

__