Posté le 17 avril 2008 par Hélène Legastelois

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Je discute souvent avec des jeunes femmes qui ont choisi de rester à la maison pour élever leurs enfants. Elles ont vraiment choisi cette vie (souvent temporaire) de mère au foyer, elles ne la subissent pas. Elles sont heureuses de voir grandir leurs enfants et d’être là pour eux pendant leurs premières années.

Et pourtant, elles sont parfois insatisfaites, comme frustrées de quelque chose. Souvent, les contraintes liées à la vie de mère au foyer leur pèsent : elles regrettent de ne plus être stimulées intellectuellement, le travail d’équipe et l’ambiance de bureau leur manquent, l’absence de compagnie adulte est lourde à porter ; en bref et d’après leurs propres termes, elles ont l’impression d’avoir « le cerveau qui se ramollit ».

Par ailleurs, le regard des autres n’est pas toujours facile à supporter :

- lorsqu’elles ont des activités hors de la maison, ça n’est pas toujours bien perçu par leur entourage : « comment, tu ne travailles pas et tu te payes une nounou deux heures par semaine ?? Ben dis donc, tu ne t’en fais pas…» La mère qui ne travaille pas devrait-elle être dévouée corps et âme à son foyer et à ses enfants, et ne plus exister pour elle-même ?

- et dans les dîners, essayez de répondre, lorsqu’on vous demande ce que vous faites dans la vie, « j’élève mes enfants », vous verrez votre interlocuteur vous abandonner poliment mais rapidement.

C’est donc bien, malgré le côté confortable et rassurant qu’il peut avoir, un statut parfois difficile à assumer et à vivre au quotidien.

Si c’est votre cas, comment le vivez-vous ?

Hélène Legastelois