Malgré l'heure tardive de l'annonce de son revirement, il a déjà eu le temps de s'en prendre à son épouse et complice présumée, fustigeant "la malhonnêteté de cette bonne femme" à propos d'un aspect secondaire du dossier.

Le même jour, il a laissé entendre qu'elle cachait la vérité depuis le début du procès, où elle a minimisé sa participation aux crimes, usant sans cesse de l'argument de la femme soumise.

"Lève toi et dis ce que tu sais!", lui a lancé Fourniret, ajoutant ensuite: "mon courroux est là, et il est installé pour suffisamment de temps pour qu'il ne dissolve pas. Le moment venu il saura bien se réveiller".

Une phrase sonnant comme une menace, qui suggère aux avocats des parties civiles qu'une nouvelle phase du procès est désormais ouverte, avec la possibilité de révélations sur le degré de participation de Monique Olivier, voire plus, si jamais elle se défend et le charge à son tour.

Pour Didier Seban, avocat de la famille de Jeanne-Marie Desramault, tuée en 1989, "ce qui est intéressant (pour la suite des débats) c'est la colère qui existe entre Michel Fourniret et Monique Olivier". "Peut-être va-t-il en sortir des parts de vérité qu'on n'avait pas jusque-là", avance-t-il.

Fourniret pourrait user de sa parole retrouvée pour attaquer Monique OlivierFourniret a reconnu les sept meurtres aggravés de jeunes filles lui valant de comparaître. Il nie farouchement en revanche toute implication dans trois autres dossiers: deux assassinats de jeunes femmes pour lesquels il a été mis en examen, et la disparition d'Estelle Mouzin en région parisienne en janvier 2003.

Monique Olivier est accusée d'être coauteure d'un des sept meurtres - ce qu'elle a nié à l'audience - et complice de plusieurs autres.

Après la décision de l'accusé de participer aux débats, "on n'a rien à attendre de passionnant sur ce qu'il a fait lui", estime l'avocat de plusieurs familles, Gérard Chemla. "C'est plutôt sur ce qu'elle a fait elle et sur la dynamique du couple."

L'attitude de Monique Olivier lors du viol et du meurtre d'Isabelle Laville en 1987 est une des zones d'ombre qui demanderait à être éclaircie, poursuit l'avocat rémois.

Me Chemla ne croit pas à la version de l'accusée selon laquelle elle aurait pratiqué une fellation à son mari pour le "mettre en condition" pour le viol, avant de le laisser seul avec la victime et de se désintéresser de tout jusqu'au moment d'aller se débarrasser du corps. Pour lui, Monique Olivier "a assisté au meurtre".

Mardi, alors que d'autres témoins de personnalité sont attendus à la barre, le président Gilles Latapie dira lors de la reprise à 13HOO s'il compte modifier le planning des audiences, a déclaré à l'AFP Christophe Aubertin, magistrat chargé des relations avec la presse.

Le rallongement de la durée du procès, prévu jusqu'à fin mai, est jugé peu probable par les avocats